La puberté

1966 : JOEL ET LA PUBERTE

Le terme de puberté vient du latin "pubere" qui signifie : se couvrir de poils.

L’enfant imberbe se transforme en mammifère doté d’un instinct de reproduction dont l’animalité peut faire des ravages.

Non content de se couvrir de poils, l’adolescent se couvre aussi souvent de boutons.

Ma sœur aînée m’avait trouvé un joli surnom : "tableau de bord".

La puberté, c’est la guerre aux boutons !

La puberté

J’avais treize ans, elle en avait seize ... et se croyait ainsi chargée de mon éducation ... pour compenser les sujets que mes parents préféraient éviter.

C’est ainsi qu’elle m’entraînait au fond du jardin pour fumer des cigarettes que nous chipions à mon père.

S’en est-il aperçu ?

Car c’est à cette époque qu'il a cessé de fumer.

Il dira par la suite qu’il s’est arrêté afin que ses enfants ne soient pas tentés d’en faire autant.

C’était probablement trop tard pour ma sœur ... mais pas pour moi, et je lui en suis reconnaissant.

La puberté

Engagée dans un mouvement trotskyste, elle décida aussi de s’occuper de mon éducation politique et sexuelle.

Elle me passa un ouvrage intitulé "La lutte sexuelle des jeunes", écrit en 1932 par Wilhelm Reich, communiste et psychanalyste, collaborateur de Sigmund Freud.

Autant j’ai intégré toute l’information sexuelle et contraceptive (qui avait quelque peu vieilli depuis 1932), autant je me suis perdu dans les considérations idéologiques.

Dans la foulée, j’ai lu "Introduction à la psychanalyse" de Freud ... mais en ai-je seulement compris le dixième ?

La puberté

Mon niveau scolaire se maintenait au collège mais j’appartenais à un groupe d’élèves dont les membres se retrouvaient assez souvent dans le bureau du "surveillant général".

Ce fonctionnaire s’appelle maintenant "conseiller principal d’éducation" (CPE).

Les dénominations comme les fonctions ont évolué avec la régression du respect et de la discipline.

La structure de l’enseignement public en France, héritée de la Troisième République et du 19ème siècle, vivait alors ses dernières années.

Elle avait probablement ses défauts ... mais elle avait le mérite d’exister et, surtout, d’être stable.

Ceux qui, comme moi, ont chanté l’Internationale en proclamant "du passé, faisons table rase" se sont bien souvent révélés incapables de reconstruire quelque chose de viable sur les ruines du passé.

La puberté

Mes propos peuvent être qualifiés de réactionnaires ... je les assume.

Mais le regard que je porte sur le monde actuel m’y oblige.

De décennies en décennies, nous n’avons cessé de dériver ...

Cette "évolution" de la société était annoncée par Saint Paul dans sa seconde épître à Timothée, au chapitre 3, en ces termes :

« Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d'orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu ... »

Cette description de notre société moderne de consommation fut écrite vers l’an 65 de notre ère : cela fait donc plus de 1 950 ans !

N’est-elle pas prophétique ?

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