La puberté

13. La puberté

Ma sœur aînée, engagée en 1966-1967 dans un mouvement trotskyste, décida de s’occuper de mon éducation politique et sexuelle.

J’eus ainsi entre les mains « La lutte sexuelle des jeunes », écrit en 1932 par Wilhelm Reich, communiste et psychanalyste, élève de Sigmund Freud.

Autant j’ai dévoré toute l’information sexuelle et contraceptive (de 1932), autant je me suis perdu dans les considérations idéologiques.

Dans la foulée, j’ai lu « Introduction à la psychanalyse » de Freud ... mais en ai-je compris le dixième ?

La puberté

Car mes préoccupations de l’époque n’étaient plus celles de l’enfance.

Le gamin du CM2 était entré en classe de sixième au lycée.

Noyé parmi les premiers de la classe de multiples écoles primaires, force fut de constater, si j’en doutais, que j’étais loin d’être le meilleur ...

Je ne serai plus le « chouchou » des maîtresses puisque désormais nous avions un professeur pour chaque matière.

J’adoptais un rythme de croisière me situant, sans trop d’efforts, entre le tableau d’honneur et les encouragements.

La puberté

C’était la dernière année de l’enfance.

Avec l’entrée en cinquième, j’allais connaître la puberté, les boutons sur le visage, les épaules, le dos ... une aubaine pour ma sœur qui pouvait me traiter de « tableau de bord ».

Nos relations ont été conflictuelles pendant l’enfance mais, avec l’adolescence elles se sont améliorées.

Le petit frère qu’elle pouvait dominer physiquement la dépasserait bientôt de quinze centimètres et pouvait être, à l’occasion, un complice.

C’est à cette époque que mon père a cessé de fumer.

S’était-il aperçu que nous lui chipions de temps à autre une ou deux cigarettes pour les fumer au fond du jardin ?

Il dira par la suite qu’il s’est arrêté afin que ses enfants ne soient pas tentés d’en faire autant.

C’était probablement trop tard pour ma sœur ... mais pas pour moi et je lui suis reconnaissant de cette attitude exemplaire.

La puberté

En cinquième, l’ouverture d’un collège m’a rapproché de mon domicile.

J’ai sympathisé avec un redoublant prénommé J.P.

Il entrait dans sa quatorzième année et sa pilosité, comme sa voix, le distinguaient du reste des autres élèves. Avec lui, j’allais découvrir une autre école ...

Fini le temps des marguerites que l’on effeuillait innocemment avec Marie-Ange.

Désormais, nous voulions tout savoir, tout connaître : nous poursuivions les filles dans la cour de l’école, les couloirs ou les toilettes.

La puberté

Avec le printemps, nous avons découvert la nature sous un nouvel angle.

Derrière le collège, une butte boisée accueillait des garçons et des filles qui, à la fin des cours, ne s’empressaient guère de rentrer chez eux.

J’avais acquis une mauvaise réputation ...

En classe de quatrième, un autre complice, ami de J.P., est venu renforcer cette équipe.

Sur les photographies de classes que j’ai retrouvées sur Internet, quel contraste entre l’enfant timide et réservé qui se tient au deuxième rang de la classe de sixième et l’adolescent narquois qui pose deux ans plus tard presque à la même place !

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