le yoga

1996 : LE YOGA

J’ai pratiqué le yoga pendant deux ans, de 1996 à 1998.

Le yoga m’aidait à faire le vide, le temps d’une séance, à oublier mes problèmes quotidiens, tout en poursuivant ma recherche qui visait à donner du sens à la vie.

J’ai notamment relevé ce passage dans un ouvrage intitulé Sport et Yoga.

"Au début du cycle créateur, le prâna dort dans l’Absolu en tant qu’esprit ou idée de toute force.

Le prâna se met à agir sur l’âkasha (esprit de substance originelle), le forme et le façonne, et des variétés incalculables de la force et de la substance apparaissent.

Sans prâna, il n’y a pas de vie car le prâna est l’âme de toute force et de toute énergie. Ce principe primordial se trouve partout dans l’univers."

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La terminologie spécifique au yoga peut sembler hermétique.

Mais en remplaçant le terme prâna par celui de Dieu, on obtient :

"Au début du cycle créateur, Dieu dort dans l’Absolu en tant qu’esprit ou idée de toute force.

Dieu se met à agir sur l’esprit de substance originelle, le forme et le façonne, et des variétés incalculables de la force et de la substance apparaissent.

Sans Dieu, il n’y a pas de vie car Dieu est l’âme de toute force et de toute énergie. Ce principe primordial se trouve partout dans l’univers."

On peut ainsi considérer qu’il existe, dans les différentes cultures ayant engendré un développement de l’esprit humain, plusieurs déclinaisons de la même recherche spirituelle : celle d’un Absolu, d’un Infini universel qui donnerait du sens à notre existence.

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Mais, parmi ces déclinaisons spirituelles, laquelle est la plus proche de l’ultime Vérité ?

Chacun étant convaincu que sa déclinaison est la bonne, soit individuellement, soit collectivement, sans aucun respect pour les autres modes de pensée, on comprend aisément pourquoi les individus et des populations entières en arrivent à s’entretuer !

En ce qui me concerne, le fait d’avoir navigué ainsi de part et d’autre en puisant ce que je pouvais trouver de bon dans les différents modes de pensée a pu contribuer à une grande tolérance envers ceux qui ne pensent pas comme moi.

Il ne s'agit pas pour autant de s'en remettre à un quelconque syncrétisme religieux.

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Plongé dans cette quête métaphysique, je n’en abandonnais pas pour autant mon attrait pour la montagne.

En juillet 1996, j’ai fait ma troisième et dernière ascension en solitaire du Mont Blanc.

Cette fois je suis parti de l’Aiguille du Midi, afin de gravir au passage le Mont Maudit, et redescendre du sommet du Mont Blanc par les fascinants glaciers de la voie des Grands Mulets.

Mais j’en suis revenu quelque peu désabusé. Je notais ainsi le 23 juillet 1996 :

"Bien que le bouddhisme tibétain recommande la méditation en altitude (le prâna n’y est-il pas meilleur ?) je n’ai rien découvert de transcendant dans ces dernières ascensions."

"De retour à Chamonix, je retrouve la voiture sur le parking moins de 24 heures après l’avoir quittée.

Demain ce sera le retour ... Ce genre de marches forcées pour un ou deux 4 000 me laissent sur ma faim.

Le programme est intégralement accompli, « l’exploit » est réalisé ... mais où sont le plaisir et l’imprévu ? Qu’ai-je pris le temps de voir ?

Ai-je réellement, profondément, ressenti quelque chose ?"

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Ressentir, donner du sens à ce que l’on fait et perçoit ... je m’efforçais progressivement d’établir un lien entre l’activité physique et sa finalité spirituelle.

Sommes-nous seulement sur terre pour marcher en aveugles, pour consommer, naître, vivre et mourir comme n’importe quelle structure vivante et inconsciente ?

« Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons, car demain nous mourrons. » (1 Corinthiens 15.32)

Dans ce passage de la Bible, l’apôtre Paul démontre l’absurdité de la vie terrestre si celle-ci ne s’inscrit pas dans un processus dont le terme est la résurrection pour la vie éternelle.

Sommes-nous comme des légumes, apparus sur terre par le plus grand des hasards ?

N’avons-nous pour seule raison d’être que la satisfaction de nos besoins corporels ?

S’il en est ainsi, alors mangeons et buvons, car demain nous mourrons !

Sinon, préparons-nous pour l’avenir, pour une autre vie qui donne du sens à nos actes présents.

Car au regard de l’éternité, la brièveté de notre existence actuelle ne peut de toutes évidences nous satisfaire.

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