Le marathon

1990 : LE MARATHON ET LE TRAIL

Après deux années de courses sur route, je me suis inscrit à un premier marathon à l’automne 1990.

J’en ferai deux autres par la suite sans jamais descendre au-dessous de 3 heures 30 minutes.

Mais en me limitant à trois entraînements hebdomadaires, je ne pouvais espérer mieux.

A chaque fois, je me suis dit que ce serait le dernier ... puis j’ai oublié les souffrances des derniers kilomètres.

Lorsque l’on "frappe le mur", il s’en suit une soudaine baisse de rythme, tout devient dur, et la fin de la course est un calvaire.

Au marathon de Barcelone, en 1991, je l’ai ressenti avant l’ascension terminale de la côte de Montjuïc où le tout nouveau stade olympique était en voie d’achèvement.

C’était une hécatombe ... des coureurs couchés à terre, paralysés par les crampes et l’acide lactique.

Mais les catalans sont bon public.

Le stade était loin d’être plein mais quelques milliers de spectateurs suffisaient pour acclamer les coureurs sur la piste.

De ce fait, j’ai fini les 200 derniers mètres en accélération ...

Le marathon

Il est toujours surprenant de constater à quel point l’être humain peut révéler des ressources inattendues que ce soit sur le plan physique ou mental, et encore plus lorsque les deux sont associés dans une stimulation réciproque.

Il m’a fallu aussi pas mal de volonté lorsque j’ai participé à des courses en montagne.

Dans les années 90, je ne me souviens pas que l’on appelait cela du "trail".

Quelques centaines de coureurs se retrouvaient à Vernet-les-Bains pour s’inscrire, par exemple, au départ des 30 kilomètres du Canigou.

De nos jours, les inscriptions sont closes et limitées en effectif huit mois à l’avance !

En septembre 1992, nous n’étions que quelques dizaines pour une épreuve de trois jours représentant 90 kilomètres en étapes avec trois sommets à franchir au-dessus de 2 800 mètres : le Carlit, le Péric et le Puig de Coume d’Or.

Je suis arrivé au bout en claudiquant et il m’a fallu six mois pour m’en remettre !

Le marathon

J’ai donc renoncé au projet de m’inscrire à l’ultra-marathon du Mont Blanc (160 kilomètres en 4 jours) ... et c’est bien ainsi.

Il est bon de connaître ses limites ... et de les respecter.

Prétendre aller au-delà dégrade l’organisme au lieu de le renforcer.

Lorsque je songe à cette volonté qui permet de résister à de modestes épreuves, j’ai souvent en mémoire ceux qui ont connu de véritables épreuves comme les camps de la mort.

En écrivant ces lignes, j’ai pensé en particulier au prix Nobel de la paix, Elie Wiesel, survivant de la Shoah, décédé à l’âge de 87 ans.

Comment admettre que des hommes issus d’un peuple "civilisé" aient pu se livrer à tant d’atrocités sur les Juifs, les Tsiganes et tant d’autres individus non conformes à la norme "aryenne" ?

Ont-ils connu quelque repentir ? Est-il possible de pardonner ?


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"Le repentir, c'est : une faute, un aveu, un regret. Le tout dans l'espoir d'un pardon. La faute est ce qui rend coupable le sujet qui l'a commise. L'aveu est l'acte de parole par lequel le sujet déclare qu'il a bien commis la faute. Le regret est cet autre acte de parole par lequel il exprime qu'il n'aurait pas dû agir de la sorte. Le pardon, lui, dépend d'un autre et n'est pas automatique." (extrait de "Le repentir en politique" - Patrick Charaudeau – Mars 2016)

L’auteur de ces lignes a bien résumé la démarche qui peut conduire du repentir au pardon en passant par la reconnaissance de la culpabilité et le regret sincère.

Mais comment savoir si le regret est sincère ? Comment juger le repenti ?

L'apôtre Paul écrivait dans sa première épître aux Corinthiens (13.12) :

« Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu. »

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Si vous êtes croyant, et profondément attaché aux écritures bibliques, sachez que vous pourriez être appelé à participer au jugement dernier en qualité d’assesseur :

« Ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde ? » (Première épître aux Corinthiens 6.2)

La préparation du jugement dernier semble nécessiter, selon la Bible, un temps de préparation de l’ordre du millénaire ... pour juger des milliards d’individus :

« Et je vis des trônes ; et à ceux qui s'y assirent fut donné le pouvoir de juger. (...)

Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec Christ pendant mille ans.

Les autres morts ne revinrent point à la vie jusqu'à ce que les mille ans fussent accomplis. » (Livre de l’Apocalypse 20.4-5)

Au terme de mille ans, les Goering, Goebbels, Hitler et tant d’autres seront enfin jugés : « Et les morts furent jugés selon leurs œuvres ... » (Apocalypse 20.12)

Au terme du marathon de l’histoire humaine, ce sera l’ultime "Rendez-vous de l’Histoire" pour l’humanité !

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