Le désert

1959 : JOEL AU DESERT

Après la sortie d’Egypte (fêtée chaque année lors de la Pâque juive), les Hébreux, dans leur traversée du désert, étaient guidés jour et nuit par l’Eternel Dieu.

« L’Eternel allait devant eux, le jour dans une colonne de nuée pour les guider dans leur chemin, et la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer … » (Livre de l'Exode 13.21)

Je n'ai rien eu de tel pour me guider dans une famille proche de l'athéisme, profondément matérialiste, avec des valeurs presque libertaires.

Le désert

Dans le pavillon de banlieue où nous habitions désormais en cette année 1959, il y avait un vaste grenier accessible par une échelle conduisant à une trappe.

J’allais y passer des journées entières et la plupart des vacances, seul le plus souvent.

Là-haut, je pouvais inventer toutes sortes de jeux … avec peu de moyens.

L’activité la plus ancienne dont je me souvienne, avant l'entrée à l'école primaire, consistait à dessiner sur des rouleaux de papier un petit bonhomme qui creusait un trou dans la terre pour s’y enfoncer.

Je gommais pour le faire avancer, et le bonhomme creusait, creusait ... sans jamais trouver d’issue.

Je représentais ainsi ce qui me préoccupait déjà : l’enfouissement et la mort.

Cela deviendrait, en grandissant, une préoccupation majeure :

Comment sortir du trou ? Echapper à la mort ? Donner du sens à la vie ...

Le désert

A six ans, je m'enfonçais sous terre ... à dix-huit ans j'ai rêvé d'un long parcours souterrain dans les ténèbres qui s'achevait par une issue vers la lumière (Souvenir de 1971 : "le plan de Dieu") ... pour enfin trouver LA lumière en Jésus Christ à l'âge de 51 ans (Souvenir de 2004 : "la conversion").

Cette "traversée du désert" dans les ténèbres spirituelles durera ainsi 45 ans ... quelques années de plus que les Hébreux qui passèrent 40 ans dans le désert.

Ma traversée sera tintée de solitude, et de multiples fausses routes dans le labyrinthe de la vie.

J’étais ainsi appelé, comme tant d’autres de nos jours, à errer dans un désert spirituel où la laïcité se confond avec l’athéisme.

« Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie. » (Livre du prophète Esaïe 53.6)

On appelle cela la liberté.

Le désert

Nous sommes ainsi libres de nous perdre ... car en ce monde les voies de Dieu sont frappées d’interdit.

En France, si un fonctionnaire se risque dans une institution publique à dire qu’il croit en Dieu, il s’expose à une sanction pour prosélytisme religieux.

Mais s’il professe qu’il ne croit pas en Dieu, on assimilera cela à l’esprit laïc.

Selon une récente étude internationale, la France serait le 4ème pays le plus athée au monde avec 29% de ses habitants qui se déclarent athées convaincus derrière la Chine, le Japon et la République tchèque.

Je suis favorable à la laïcité lorsqu’elle permet l’expression de la pluralité des opinions.

Mais ce n’est pas ce que nous connaissons dans un pays où la première religion de l'Etat est ... l'athéisme !

Chacun doit pouvoir choisir ... mais faut-il encore que l’on mette à sa disposition les moyens d’exercer ce choix.

Je n’ai pas disposé de tels moyens ... ce qui m’a conduit dans de nombreuses impasses.

Le désert

Lorsque l'on demandait à mon père pourquoi ses enfants n'étaient pas baptisés, il répondait : "Mes enfants se feront baptiser s'ils le désirent quand ils seront grands."

Je ne lui ai jamais reproché, car le fait de baptiser un enfant inconscient ne lui ouvre pas pour autant l’accès à la foi ... si personne ne lui en parle ensuite.

On obtiendra peut-être un individu de culture chrétienne, un "chrétien culturel" qui vous parlera de religion et de rituels religieux ... sans connaître la foi.

Ainsi, dans l’ignorance des sources de la foi, le chemin peut être très long.

Au terme de ce voyage, malgré de multiples divagations, j'ai choisi d'être baptisé ... à 52 ans !

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