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24. Belleville

A l’automne 1976 nous avons emménagé dans un appartement du 10ème arrondissement, Boulevard de la Villette.

Je quittais ainsi le domicile de mes parents à 23 ans et la section communiste locale pour rejoindre celle du 10ème arrondissement.

Toutefois, mon activité militante se limiterait désormais aux réunions de cellules et aux ventes de l’Humanité Dimanche de temps en temps.

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Nous avions de modestes ressources mais, sans voiture et en déjeunant tous les midis au restaurant universitaire, il nous restait bien assez pour aller au cinéma ou s’offrir quelques restaurants.

Je vivais sur mon salaire estival et les parents de Colette lui donnaient 500 francs par mois.

J’appréciais particulièrement un restaurant israélite de la rue de Belleville.

La chaleur des mets épicés, les boissons, l’accueil et la musique nous exilaient à 5 000 kilomètres de Paris le temps d’un repas.

Juifs et arabes cohabitaient dans ce quartier apparemment sans heurts.

Les contrôles de police étaient fréquents à la sortie du métro, mais réservés aux noirs et aux maghrébins.

Je fus contrôlé une fois ... par un policier noir qui s’efforçait peut-être de dénoncer ainsi l’injustice.

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Des fenêtres de notre studio, au sixième étage, on voyait les toits de Paris jusqu’au Mont Valérien.

La pollution n’avait pas encore atteint son niveau actuel.

Mis à part ce manque d’amour qui ternissait notre relation, j’étais satisfait de cette vie simple.

Après avoir passé la licence de géographie, en juin 1977, je recherchai un emploi.

Ma sœur m’ayant parlé d’un emploi de secrétaire auprès du Maire de Rissy, dès le retour de la tournée estivale dans les centres CCAS je me rendis à la Fête de l’Humanité pour rencontrer le premier adjoint au Maire.

Je connaissais également le trésorier de la section de Rissy qui était Conseiller Municipal.

Le fait d’avoir suivi pendant quelques temps le cercle des jeunes communistes et d’avoir été membre du secrétariat de section de la ville voisine n’était pas négligeable.

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Je rencontrais ensuite le Maire de Rissy.

Agé d’une soixantaine d’années, il dirigeait sa commune depuis la Libération.

Il appartenait à une génération de combattants qui ne s’encombrait pas avec les formalités.

Héritier du stalinisme, il ne supportait guère la contradiction.

Quelques-uns ayant voulu contester son autorité en Mairie s’étaient retrouvés à la porte sans délai.

La secrétaire du député communiste de la circonscription, qui résidait à Rissy, avait dit à ma sœur à propos de cet emploi : « C’est un poste à siège éjectable. »

Le Maire ne venait en Mairie que tous les quinze jours pour le Bureau Municipal. Il lui fallait donc un secrétaire auquel il adresserait les cas particuliers qu’il ne pouvait traiter.

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