La Corse

1978 : JOEL EN CORSE

En janvier 1978, j’ai épousé ma compagne à la Mairie du 10ème arrondissement.

Comme j’avais désormais un emploi permanent, il n’était plus question de travailler en été pour payer les études et nous sommes partis trois semaines en Corse en juin 1978.

Nous avons débarqué à Calvi.

Mais cette fois, il n’était pas question d’être hébergé au 2ème REP (Souvenir de 1974 : "les paras").

Un sac à dos et un duvet chacun, quelques vêtements et le nécessaire pour la cuisson, constituaient tout notre équipement.

Nous avions écarté la tente car trop lourde à porter ... c’était sans compter sur les moustiques qui nous ont harcelés presque toutes les nuits.

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La toilette comme la vaisselle se feraient au gré des cours d’eau ou en mer.

L’auto-stop nous conduirait à l’aventure en complément de la randonnée et des lignes du train corse.

Installés le premier soir dans une crique à proximité de Calvi, nous avons été accueillis par un coucher de soleil sur le Monte Cinto qui rougissait au gré de la luminosité décroissante.

De Calvi à Bonifacio en remontant jusqu’à Bastia, ce tour de Corse a peuplé nos souvenirs ... mais n’a pas pour autant amélioré notre relation.

Je lui avais proposé de se marier au terme de deux ans de vie commune avec l’espérance que ceci consoliderait notre couple. Mais c’était une illusion ...

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Je l’avais connue en faculté, au début de 1976, et j’ai cru avoir enfin rencontré celle qui me ferait oublier mon cuisant échec affectif de 1973 (Souvenir de 1973 : "le retour").

Mais j’ai rapidement compris que je n’étais qu’un lot de consolation suite à une rupture qu’elle avait connue avant de me rencontrer.

Elle s’enfermait sans explication dans le silence, regrettant d’avoir engagé une relation avec quelqu’un qui n’était pas à la hauteur de ses attentes.

J’ai commis un jour l’erreur d’ouvrir son journal intime.

C’est ainsi que j'appris qu'elle visait un autre étudiant lorsque nous étions sortis ensemble.

Notre relation ne la satisfaisait pas. Elle restait avec moi faute de mieux.

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Elle me dit un jour : "Toi, tu es un mec propre."

Sous-entendu "pas comme ton prédécesseur" qui l’avait fait souffrir mais qu’elle aimait.

C’est ainsi : le "brave type" n’a rien d’un séducteur, mais il est réconfortant.

Elle préférait les "types brillants" en société, ceux que les copines vous envient.

Je lui rappelais son père, un simple directeur d’école en retraite que j’appréciais beaucoup et que sa femme traitait avec mépris.

Il était donc logique que la fille reproduise le même type de rapports à mon égard.

Notre relation a pourtant duré plus de trois ans.

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On nous apprend beaucoup de choses à l’école.

Mais personne ne nous prépare à vivre au contact de l’autre dans le respect de ses différences.

Nous blessons souvent la sensibilité des personnes avec lesquelles nous vivons parce que la plupart des éducateurs, tout comme les parents, sont bien en peine de gérer leurs propres relations affectives.

Peut-être ont-ils entendu dire : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » ?

Mais concrètement, dans la vie quotidienne, comment mettre cela en application ?

L’apôtre Paul a décliné ce principe au niveau de la relation de couple :

« C'est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui-même. » (Epître aux Ephésiens 5.28)

La réciproque est tout aussi souhaitable pour la femme envers son mari.

Le schéma du couple idéal est ainsi tracé dans la Bible : il réside dans la recherche du bonheur de l’autre et non dans la satisfaction de son plaisir personnel.

Il allait encore me falloir une vingtaine d'années pour le comprendre ... (Souvenir de 1997 : "le Nom de la Rose").

Que n’ai-je donc reçu un tel enseignement pendant ma jeunesse ?

J’aurais pu éviter bien des échecs et ne pas m’égarer dans des relations qui, faute d’amour véritable, ne pouvaient conduire que dans des impasses ...

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