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1975 : LE MILITANT COMMUNISTE

Après le service militaire, je me suis pleinement investi dans le militantisme.

Comme j’avais repris mes études, sérieusement cette fois, en faculté de géographie, j’étais à la fois membre de l’Union des Etudiants Communistes, du syndicat étudiant UNEF et, sur mon lieu de résidence, je m’occupais des Jeunesses Communistes tout en étant secrétaire d’une cellule et membre du secrétariat de section.

Je ne comptais pas mes heures pour le Parti Communiste et ses satellites.

J’appréciais particulièrement la solidarité et l’unité qui régnaient à la base.

Mais j’ai rapidement compris qu’il n’en allait pas de même en gravissant les échelons de la hiérarchie.

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Les permanents du Parti Communiste tenaient particulièrement à ne pas retourner à l’usine où sur tout autre lieu de travail.

De ce fait, pour ne pas mettre en péril leur statut de permanent, il fallait approuver toutes directives émanant du Bureau Politique conduit par Georges Marchais.

Il était presque inconcevable que la direction du Parti, cet "Intellectuel collectif", puisse se tromper.

Combien j’ai pu déchanter lorsque les erreurs d’orientations se sont révélées après l’échec cuisant de Georges Marchais aux Présidentielles de 1981.

C’est à cette époque que je me suis décidé à rendre ma carte d’adhérent.

Toutefois, mes convictions avaient commencé à décliner dès 1975, deux ans après mon adhésion, en voyant le comportement de certains élus communistes.

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J’habitais une commune de la banlieue Est de Paris, la "banlieue rouge" et autant le Maire communiste était un honnête homme, autant l'un de ses adjoints avait acquis une réputation douteuse ... mais le Maire fermait les yeux !

Les caisses du Parti étaient largement alimentées par des tractations occultes avec les entreprises locales et la direction de la section locale du Parti Communiste, qui entendait garder les mains propres, était tenue à l’écart.

Les instances supérieures fermaient aussi les yeux car l’argent est le nerf de la guerre et lorsque le conflit entre la section et la Mairie a éclaté, les instances fédérales ont choisi le camp qui rapportait le plus en termes de financement.

Peu leur importait que le travail assidu de militants dévoués et sincères ait permis de doubler les effectifs de la section locale.

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Lorsque j’écris ceci, je n’ai nullement la volonté de porter préjudice à ce parti, car il est évident que le même type de dérives, voire pire avec l’enrichissement personnel, sont monnaie courante dans tous les partis politiques.

Mais puisque le parti que j’avais choisi ne valait pas mieux que les autres, je n’avais plus rien à y faire : telle fut ma conclusion au terme de huit années passées au PCF.

Dois-je pour autant regretter d’avoir donné les années de ma jeunesse au lieu de sortir en boite de nuit ?

Pas le moins du monde, car les rares fois où j’ai pénétré dans ces antres obscurs, bruyants et enfumés, je n’en ai gardé que l’envie d’en sortir.

Ces huit années ont fait partie de mon édification personnelle.

Cela ne veut pas dire que tout le monde devrait en passer par là mais, en ce qui me concerne, cela a largement contribué à enrichir ma connaissance des milieux politiques ... de leurs erreurs et de leurs motivations réelles qui sont loin de correspondre à l’image que les uns comme les autres souhaitent donner d’eux-mêmes pour séduire les électeurs.

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« Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie. Et l’Eternel a fait retomber sur Lui l’iniquité de nous tous. » (Esaïe 53.6)

Lorsque le prophète Esaïe a écrit ce texte, plus de 600 avant Jésus Christ, il ne visait pas nécessairement les milieux politiques de son temps mais l’ensemble de l’humanité.

Mais qui est ce personnage sur lequel l’Eternel (Dieu) a fait retomber le poids de nos fautes ?

Le Nouveau Testament enseigne qu’il s’agit de Jésus dont le sacrifice permet de payer le prix de notre iniquité.

Bien peu de communistes sont prêts à entendre un tel discours et j’en faisais partie.

C’est pourquoi j’allais poursuivre, en dehors de ce parti, ma recherche de la Vérité, sans pour autant rechercher les traces de Jésus, comme une brebis errante sans Berger ...

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