Le lagopède

1987 : SKI ET HIVERNALES

En mars 1987, j’ai testé le ski de fond hors pistes.

Sortir des circuits balisés et canalisés me trottait en tête depuis la première année où j’avais essayé le ski de fond, en 1984.

Les sommets pyrénéens sont parfois accessibles par des pentes douces.

Toutefois, la descente n’était pas facile en ski de fond, surtout les virages, mais les chutes étaient peu violentes.

Par la suite, j’ai amélioré l’équipement en achetant des skis de télémark et des peaux de phoque.

Mais comme les enfants grandissaient, il m’a fallu retourner sur les pistes de ski alpin pour les accompagner.

J’ai été séduit par les mini skis qui ne nécessitent pas de bâtons et permettent de virer facilement.

Trois séjours de ski en colonies de vacances, une vingtaine d’années auparavant, m’avaient laissé pour tout souvenir des chutes, des crampes et des courbatures.

Tout semblait si simple maintenant ...

Le lagopède

Les sorties hivernales, comme les estivales, se sont déroulées le plus souvent en solitaire.

Le rapport avec la nature est tout autre lorsque l’on se retrouve seul dans un univers blanc.

Le silence alterne avec le frottement des skis sur la neige.

C’est dans ces moments que j’ai pu croiser ici un cerf, ailleurs des lagopèdes.

Cependant, la randonnée m’attirait toujours autant, même s’il fallait sortir en hiver les raquettes ou les crampons.

Vu l’enneigement aléatoire, tout cet équipement est bien souvent resté sur le sac à dos faute de pouvoir servir sur le terrain déneigé.

Le lagopède

Il serait fastidieux d’énumérer des sorties car ce qui importe ce n’est pas l’objectif qui a pu être atteint ou non, mais l’état d’esprit qui préside dans ces moments de solitude.

J’ai dormi dans des baraques abandonnées sur des planches inconfortables ou des matelas crasseux, avec des rats à proximité et des cheminées qui refoulaient la fumée ... comme dans des refuges impeccables.

Il m’est arrivé de me laver en plein hiver dans un trou d’eau au bord d’un lac gelé à la faveur d’un rayon de soleil avec plus de plaisir que sous une douche chaude.

Car lorsque je me relevais pour m’essuyer, je ressentais le bonheur d’être présent, au milieu de nulle part, dans un monde où règne la pureté dans tout son éclat.

Le lagopède

C’est dans ces moments privilégiés où j’aurais pu, si j’avais été croyant, louer Dieu pour les merveilles de Sa création.

Mais dans mon ignorance, je ne pouvais qu’admirer ce qui me semblait être le produit d’un développement naturel de notre planète.

J’ai pu méditer depuis ce passage de la Bible où il est écrit :

« En effet, les perfections invisibles de Dieu depuis la création du monde, Sa puissance éternelle et Sa divinité, deviennent visibles quand elles sont comprises au travers de Ses œuvres. Ils sont donc inexcusables. » (Epître aux Romains 1.20)

Ce texte de l’apôtre Paul semble bien accusateur envers ses contemporains.

Pouvons-nous être tenus responsables de notre ignorance au point d'être "inexcusables" ?

Le lagopède

Paul déclarait par ailleurs :

« Dieu, sans tenir compte des temps d'ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu'ils aient à se repentir. » (Actes des Apôtres 17.30)

Non, l’ignorance n’est plus un péché dès lors que Dieu décide d’effacer celui-ci en offrant à l’homme la faculté de s’en repentir.

Nous pouvons acquérir cette faculté par la conversion, par la prise de conscience de notre ignorance, de nos erreurs d'appréciations, de nos croyances erronées.

Ainsi, ces paysages merveilleux qui me semblaient être le fruit du développement naturel de notre planète, sont devenus à mes yeux des œuvres accomplies depuis la création du monde selon la puissance infinie du Créateur.

Ce qui m’était invisible est devenu visible grâce à la foi, comme il est écrit :

« C'est par la foi que nous reconnaissons que le monde a été formé par la parole de Dieu, en sorte que ce qu'on voit n'a pas été fait de choses visibles. » (Epître aux Hébreux 11.3)

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