Les Verts et l'écologie

2000 : LES VERTS

Le bouddhisme m’avait initié à la notion de "vacuité" qui repose sur l’impermanence des phénomènes et leur interdépendance.

En soi, rien n’existe, car le moment présent, en tous lieux, est le fruit d’interactions infinies dans le temps comme dans l’espace.

Chaque individu est ainsi le produit de son passé et de son environnement.

Cette approche de l’environnement et de son influence sur notre existence allait m’orienter vers l’écologie.

J’étais encore dans la mouvance idéologique de l’extrême gauche, même si le déclin historique des communistes et de leurs satellites révélait clairement que cette idéologie avait trouvé sa place dans le musée de l’histoire.

Cependant, j’avais adhéré aux Alternatifs en 1998, un groupuscule écologiste qui s’efforçait de résister à la mainmise du Parti Socialiste sur l'écologie, depuis que les Verts avaient rallié le PS avec la Gauche plurielle.

Les Verts et l'écologie

Les élections européennes de juin 1999 m’ont interpellé sur la poussée des Verts.

Il n’y avait pas de place pour les Alternatifs sur l’échiquier politique.

J’en arrivai à cette conclusion :

Faute de respecter l’écologie, le 21ème siècle risque fort d’être invivable et sera peut être le dernier.

Il y a vingt ans, en marxiste convaincu, je considérais le socio-économique comme prioritaire et les considérations d’environnement comme secondaires, devant s’intégrer dans un choix de société.

Mais après avoir supprimé toute forme de vie humaine sur une terre aride ou dévastée par les tempêtes, sans couche d’ozone en altitude et irrespirable par excès d’ozone dans les basses couches ... quel sera le choix de société parmi quelques mutants réfugiés dans des îlots de survie ?

Vu sous cet angle, le choix de société devient secondaire et la priorité c’est l’avenir de l’espèce humaine.

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A l’automne 1999 j’ai adhéré aux Verts.

Mon premier contact fut pour le moins surprenant.

Mon adhésion avait été détournée par la tendance minoritaire qui s’efforçait de reprendre la direction départementale contre la tendance majoritaire favorable à Dominique Voynet.

J’ai donc eu droit à une tentative de lavage de cerveau pour soutenir les minoritaires lors de la prochaine assemblée générale qui allait réunir ... 50 adhérents pour l'ensemble du département !

Pendant près de cinq ans j’ai assisté à leurs règlements de comptes qui les accaparaient plus que le combat pour l’écologie.

En fait, ils étaient inexistants et leurs alliés communistes et socialistes de la Gauche plurielle se partageaient le gâteau des sièges électoraux sans se soucier des Verts.

Car c’était bien là l’essentiel : obtenir ici où là quelque strapontin électoral ... et les indemnités électives qui en découlent.

Accessoirement, les Verts se préoccupaient d’un dossier relatif à l’écologie, mais pour peut qu’il soit initié par une tendance, l’autre s’évertuait à critiquer et à démolir.

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N’ayant officiellement rejoint aucune tendance, j’ai pu sans mal avoir le soutien de tous lorsque j’ai entrepris de forcer le passage en régie de la gestion de l’eau sur le territoire de ma commune.

Il a suffi d’un article dans la presse et d’un tract distribué à 500 exemplaires en juillet 2001 pour inciter le maire nouvellement élu à tenir sa promesse de reprise en régie au 1er janvier 2002.

Par la suite, il est devenu le promoteur de la gestion de l’eau en régie sur tout le territoire d’une communauté de communes.

C’est ainsi que la Compagnie Générale des Eaux a perdu plusieurs contrats de quelques millions d’euros qui servaient, aux frais des usagers, à rémunérer les actionnaires.

Nous avions pu ainsi structurer, avec de maigres effectifs, un groupe local des Verts qui s’est engagé dans la campagne des élections législatives de 2002.

Avec 3 % des voix, il n’y a pas eu de quoi pavoiser, mais c’était mieux que les 2 % des précédentes élections !

A l’automne 2002, quelques-uns m’ont poussé à devenir secrétaire départemental puisque j’avais su me tenir à l’écart des rivalités tout en menant quelques actions positives.

Mais au bout de six mois de paix relative, les divisions ont repris le dessus et j’ai compris que je ne renouvellerai pas mon mandat.

Candidat aux élections cantonales de 2004, j’ai approché les 5 % en me présentant sur la thématique de l’écologie solidaire.

Mais j’avais déjà pris mes distances avec les Verts, leurs ambitions politiques et leurs compromissions électoralistes.

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Ma conversion au christianisme en 2004 a largement influencé ma rupture avec le monde politique.

En juin 2004, le maire de Bègles, Noël Mamère, célébrait en toute illégalité le premier mariage homosexuel avec le soutien des Verts.

Pouvais-je rester membre d’un parti politique qui défendait des pratiques allant à l’encontre de la Bible ?

Après avoir prié, j’ai ouvert la Bible au hasard et simplement lu ce passage :

« Ils ont encore beaucoup d'autres observances ... » (Evangile selon Marc 7.4)

De qui parlait Jésus ?

Des Pharisiens ... un parti politique souvent dénoncé par Jésus pour son hypocrisie dominante qui pourrait se résumer par cette devise toujours d’actualité : "Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais !"

Cette devise provient de l’Evangile selon Matthieu (23.3) :

« Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent ; mais n'agissez pas selon leurs œuvres.

Car ils disent, et ne font pas. »

Effectivement, j’avais touché le fond du problème, qu’il s’agisse des Verts ou de n’importe quelle formation politique, et même bien au-delà de la politique.

Le problème du mariage homosexuel n’était pas fondamental.

Ce qui est déterminant, et devait m’inciter à me retirer, ce sont les multiples observances qui sont autant de recommandations que l’on affiche hypocritement pour séduire les électeurs (tout comme les fidèles dans les religions).

Ce faisant, les uns comme les autres demeurent en vérité profondément compromis avec les puissances de ce monde.

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