le jugement

2013 : LE JUGEMENT

En février 2013, les dix-huit mois de traitement à l’interféron se sont achevés (Souvenir de 2011 : "Le cancer").

Lors de mon entretien annuel avec le directeur général des services, j’étais heureux de lui annoncer, tout en précisant que ceci ne me mettait pas à l’abri de métastases.

En ce cas je devrais probablement mettre un terme à mes activités professionnelles.

J’avais 60 ans, et même si je ne m’étais pas arrêté un seul jour pendant le traitement, j’ai eu la surprise de m’entendre dire qu’il faudrait dès à présent pourvoir à mon remplacement.

J’étais tellement abasourdi par cette annonce ... que je l’ai occultée de ma mémoire pendant près de quatre mois.

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Aussi, le 25 mars 2013, alors que je priais, je n’ai pas compris le sens de ce passage de la Bible que le Seigneur mettait sous mes yeux :

« Tu m'opposes de nouveaux témoins ... » (Livre de Job 10.17)

Aussi ai-je écrit en marge de ce texte : "Pourquoi ?"

Le Seigneur voulait simplement me rappeler ce qui se préparait et que je refusais d’admettre : ma mise au placard !

Je suis donc tombé des nues à la fin du mois de mai 2013 lorsque je me suis entendu dire qu’une annonce serait prochainement publiée afin de pourvoir à mon remplacement.

On ne me disait pas que je devais partir ... mais on ne me proposait rien de concret si je restais.

Je pouvais donc envisager d’être payé à ne rien faire : on appelle cela être mis dans un placard doré !

Ce n’était pas un jugement, ce n’était pas une condamnation ... mais une mise à l’écart.

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Etre payé à ne rien faire ... certains s’en satisferaient.

Pour ma part, j'avais l'impression d'être effacé du paysage ... et je n’y croyais toujours pas !

Des collègues bien intentionnés m’ont informé ensuite de la parution de diverses annonces et j’ai fini par réagir lorsque j’en ai pris connaissance.

C’était donc vrai.

Aussi ai-je écrit à mon employeur que j’étais candidat à ma propre succession, et il m’a répondu en riant :

"Je t’embauche !"

Puis il a mis un terme à l’initiative malheureuse du directeur général des services pour lequel j’avais toutefois reçu cette parole le 14 juin 2013 :

« C’est pourquoi les méchants ne résistent pas au jour du jugement. » (Psaume 1.5)

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Devais-je lui en vouloir ... ou lui pardonner ?

Je pense qu’il s’est inquiété à tort de mon état de santé et que sa réaction n’a guère pris en compte la dimension humaine.

Mon pardon envers lui l’a emporté sur le jugement ... sans pour autant le mettre à l’abri de ceux qui peuvent lui en vouloir.

N’est-il pas écrit dans l’Evangile selon Jean (20.23) :

« Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »

Aussi, lorsqu’il fut menacé d’une décharge de responsabilité trois ans plus tard, en 2016, j’ai ressenti de la sollicitude à son égard ... et j’ai prié.

Mon attention fut alors attirée par ce verset :

« Ils ont pris les trente pièces d’argent, la valeur de celui qui a été estimé, qu’on a estimé de la part des enfants d’Israël ; et ils les ont données pour le champ du potier, comme le Seigneur me l’avait ordonné. » (Evangile selon Matthieu 27.9-10)

C’est ainsi ... que vaut la vie d’un homme face au jugement des autorités ?

Mis en demeure de chercher un poste ailleurs, il a fini par trouver une mutation en avril 2017.

Il est parti en me disant : "Finalement, c’est moi qui pars avant toi !"

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Que faire lorsque l’on est confronté à la situation que j'ai connue en 2013 ?

- Dans un premier temps, je me suis voilé la face, refusant de voir l’évidence : j’étais âgé, potentiellement malade ... il était temps de m’orienter vers la retraite.

- Puis j’ai choisi la patience et la prière en m’en remettant à Dieu.

- Enfin, j’ai réagi, sans agressivité et avec humour, dans le respect des autorités.

- Par la suite, je me suis efforcé de comprendre afin de pardonner.

Je crois en l’efficacité du pardon que l’on accorde à ceux qui nous portent préjudice.

Mais je crois aussi que cela ne les libère que partiellement : il nous incombe de pardonner ce que l’on a pu nous faire ... mais nous ignorons si celui qui nous a porté préjudice a multiplié de tels actes par ailleurs.

Seul Dieu a connaissance de l’intégralité de nos actes et peut dire qui seront « les méchants qui ne résistent pas au jour du jugement. »

Comme il est écrit plusieurs fois dans la Bible : « Dieu rendra à chacun selon ses œuvres ... »

(Job 34.11 – Psaumes 28.4 & 62.12 – Esaïe 59.18 – Romains 2.6 – Apocalypse 20.12)

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