Bombardement de Dresde

2017 : LES SOUVENIRS DE MON PERE

Dans le cœur de mon père ...


Dans le cœur de mon père il y avait des photos.

Des photos de famille, de tous ceux qu’il aimait,

qui reposaient ensemble dans son portefeuille

dans sa poche, près de son cœur.

Il y avait aussi ce petit article de presse intitulé :


LA RAFLE DU VEL D’HIV

Bombardement de Dresde

Mon père a été déporté en 1942 ... il n’était pas juif,

seulement insoumis : il n’aime pas les bruits de bottes !

Il était du côté des Justes.

Il a survécu au bombardement de Dresde, le 13 février 1945.

Sinon je ne serai pas là pour parler de lui.

Je n’aurais pas pu me faire baptiser 60 ans plus tard, le 13 février 2005.

Bombardement de Dresde

Le cœur de mon père s’est arrêté de battre avant hier.

Il y a dix ans, pour la fête des pères, je lui ai fait un cadeau tout simple.

Je lui ai écrit ce que je ne lui avais jamais dit :


QUE JE L’AIMAIS


Bombardement de Dresde

Combien de fois l’ai-je entendu raconter les mêmes souvenirs d’enfance ?

Combien de fois me suis-je gardé de lui dire : "Tu nous l’as déjà raconté !"

Car je savais qu’un triste jour viendrait où je n’entendrai plus les souvenirs de mon père.

Ce jour est venu et mon père est entré dans les murs du silence.

Je crois sincèrement que nous nous retrouverons ... mais dans l’immédiat, le combat pour la vie continue ici-bas !

2015 année noire

Il ne s’est guère attardé à me raconter ces années noires passées en Allemagne.

Je n’ai eu guère de détails sur l’état de la ville de Dresde après le bombardement de février 1945, le plus grand bombardement de l’histoire avec des armes conventionnelles ... si tant est que la "grandeur" d’un bombardement se définisse par des dizaines de milliers de morts ...

Il m’appartient maintenant d’assumer le devoir de mémoire.

Les souvenirs de mon père doivent être portés comme mon héritage.

Sa solidarité envers les juifs déportés, les peuples en souffrance, sa révolte contre les injustices ont forgé mon âme et déterminé mes valeurs.

Il se relèvera parmi les Justes !

Je peux ainsi proclamer ce verset biblique qui me fut révélé le 7 mars 2005 et sur le fondement duquel j’ai prié pour lui pendant des années :

« Il ploie les genoux, il se couche comme un lion, comme une lionne : Qui le fera lever ?

Béni soit quiconque te bénira, Et maudit soit quiconque te maudira ! » (Nombres 24.9)

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