Mélanome ou cancer de la peau

2011 : LE CANCER

Lorsque ce petit bouton avait fait son apparition sur ma cuisse, je l’avais montré au généraliste en 2009 qui ne s’en était pas inquiété.

Il faisait moins de cinq millimètres de diamètre, on attendrait pour l’enlever.

Au printemps 2011, il approchait du centimètre et surtout il avait changé de couleur.

Ce même généraliste l’a donc ôté et envoyé au laboratoire pour analyse.

Au retour des vacances, vers le 20 juin, le cabinet médical m’a appelé pour prendre un rendez-vous.

C’était un mélanome, c’est-à-dire un cancer de la peau.

Mélanome ou cancer de la peau

"Il est moyennement méchant ..." a-t-il répondu à ma question sur le risque encouru.

Le rapport d’analyse indiquait 3,6 millimètres de profondeur et quelques recherches sur Internet m’ont révélé que, selon l’indice de Breslow, le taux de survie à 5 ans était de l’ordre de 66%.

Un tiers de décès dans les cinq ans ... je vivais peut-être mon dernier été.

J’ai passé trois jours dans un tourbillon avant de rencontrer le chirurgien qui allait reprendre l’exérèse afin d’éliminer les tissus potentiellement malsains.

J’avais le sentiment d’avoir affaire à quelqu’un de compétent et de consciencieux qui a jugé urgent de m’opérer rapidement.

Tout cela et ce qui allait suivre n’aurait pas eu lieu d’être si mon médecin avait ôté ce petit bouton deux ans plus tôt ... mais il y a 4 cas de mélanomes par an pour 100 000 habitants et un généraliste peut fort bien ne jamais voir le moindre mélanome pendant toute sa carrière.

Mélanome ou cancer de la peau

Echographie ganglionnaire, scanner, entretien avec l’anesthésiste ... tout se bousculait en quelques jours avant l’opération.

Lorsque le cancérologue m’a annoncé ensuite dix-huit mois de traitement à l’interféron, j’ai consulté Internet sur les effets secondaires.

La liste est longue et ceux qui s’expriment sur les forums sont souvent ceux qui souffrent.

On peut lire par exemple :

"Après la première injection, une réaction générale avec fièvre et douleurs musculaires ou articulaires est quasi systématique."

Après la première injection j’ai affiché une température de 37,9 ... bien loin de la fièvre et aucune douleur musculaire ou articulaire pendant les dix-huit mois du traitement.

Le seul effet secondaire notoire fut une chute des globules blancs et, au lieu d’être enrhumé trois jours comme cela m’arrivait certains hivers, cela a duré trois semaines.

Mon système immunitaire m’a toujours bien accompagné et l’interféron devait normalement le renforcer.

Mélanome ou cancer de la peau

Le cancer est un adversaire redoutable : comment l’affronter ?

Beaucoup se résignent, d’autres s’effondrent, ou choisissent de lutter.

Avant le début du traitement, pendant cet été 2011, j’ai songé un jour que j’avais quatre armes pour le combattre :

- l’interféron, ce médicament qui me faisait penser à "interférer" et à "croiser le fer", serait un allié face à l’adversaire,

- mon propre système immunitaire,

- la volonté de me battre,

- et surtout : la foi en Jésus, seul intercesseur auprès de Dieu en toutes circonstances.

« C'est lui qui pardonne toutes tes iniquités, Qui guérit toutes tes maladies ... » (Psaume 103.3)

« Et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. » (Esaïe 53.5)

Mélanome ou cancer de la peau

Et puis il y avait ce message beaucoup plus personnel, en cette soirée de la fin du mois de juillet 2011, alors que je priais cette formule surprenante m’est venue à l’esprit :

"C’est un combat plutonien."

Que venait faire Pluton, dieu des Enfers selon les Romains, dans cette affaire ?

Le même soir, comme je lisais un ouvrage de psychologie, je fus surpris par cette phrase qui s’affichait sous mes yeux :

"J’ai franchi le seuil de Proserpine et j’en suis revenu."

Il s’agissait d’une citation d’un écrivain du deuxième siècle (Apulée) qui se référait à ses expériences mystiques aux limites de la mort.

Voici donc le sens du combat plutonien !

Proserpine, épouse du dieu des Enfers, tenait le seuil des Enfers ... mais celui comme celle qui franchit le seuil de la mort peut en revenir !

Le mythe de Proserpine est associé au cycle des saisons.

Enlevée par Pluton, elle passe six mois aux Enfers et six mois sur terre pour favoriser la renaissance du cycle végétal.

Revenir d’un cancer, c’est revivre une autre vie, c’est une renaissance.

Dans cette vie nous franchirons peut-être le seuil de Proserpine plusieurs fois en frôlant la mort.

Mais au dernier passage, Jésus nous en fera revenir pour l’éternité !

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